Non classé

Six trucs pour répondre du tac au tac

Riposter à des réflexions cinglantes ou rebondir sur des petites blagues ne s’improvise pas.

Riposter ou rebondir à des réflexions cinglantes ne s’improvise pas. Voici comment acquérir des automatismes et des outils.

Avoir le sens de la répartie n’est pas réservé aux bêtes de scènes ni aux animateurs vedette de la télé. C’est une posture qui s’apprend. Au travail, mieux vaut avoir une vue constructive des propos échangés et rester dans la bienveillance afin de ne pas dégrader les relations,

1. Alimenter sa boîte à répliques

Au cours de vos lectures, dans les salles obscures, dans les dîners, ou les transports en commun, détectez les dialogues qui fusent. Pensez à ceux d’Audiard, très savoureux. Entourez-vous de gens qui ont une bonne attaque et une bonne défense dans les joutes oratoires. Notez les termes employés, leur combinaison. Deux types de formulation vont enrichir votre besace.

1/ Les phrases passe-partout. Le fameux « ou pas », très usité pour conclure en contre-pied la phrase d’autrui (exemple : « Vous serez d’accord que… » « Ou pas »), est une échappatoire efficace, qui déstabilise un contradicteur. En voici quelques-autres à vous mémoriser et à dégainer au bon moment tout en décochant un sourire : « Si tu le dis », « Préviens-moi quand je dois rire », « On n’est pas obligé de te croire », « Moi aussi, je t’aime. »

2/ Le gimmick. C’est le petit refrain facile, que tout le monde retient. Un truc répétitif qui détend. Il y en a de toutes sortes. A vous d’en dénicher, durant des discussions, dans la culture de l’entreprise, ou en reprenant des expressions qui ont marqué l’actualité. Le fameux « je ne suis pas venue pour souffrir, ok! » d’une candidate d’un jeu de télé-réalité, un « ça passe crème » bien placé, ou encore, « la poudre de perlimpinpin » du président Macron fonctionnent bien. A la première occasion, vous pourrez placer votre gimmick, et les autres devraient vous relancer sur cette touche humoristique.

2. S’entraîner sur les réseaux sociaux

Ce terrain est idéal pour tester ses premières saillies. devant l’écran, vous avez le temps de rédiger des messages-objections. On vous poste un commentaire, « ton idée, là, elle est pas terrible ! ». Posez-vous pour élaborer une phrase bien sentie. L’objectif est de raccourcir, à chaque fois, les délais de réponse. Vous pouvez vous jeter à l’eau en rétorquant d’abord: « J’entends que pour toi ce n’est pas terrible, mais je suis d’un autre avis. Maniez aussi Twitter : 280 signes pour faire mouche, cela vous habituera à être concis. Créez un compte, si ce n’est déjà fait. Lancez-vous sans complexe, même si vous risquez de rater vos effets.

3. Caser une formule choc trois fois par jour

C’est l’exercice de la boîte à « con-primés », préconisant une posologie matin, midi et soir. Il s’agit de repérer dans les conversations, une expression ou un slogan qui fait rire ou cloue le bec de l’assistance. Exemple : « on n’est jamais à l’abri d’un coup de chance ». Donnez-vous ensuite l’opportunité de réutiliser cette réponse avec diverses personnes dans la journée. Au bout de trois fois, vous l’aurez enregistrée, digérée, ancrée dans le cerveau. Ou vous aurez repéré s’il faut l’éliminer car elle tombe à plat. Appropriez-vous ainsi une nouvelle réplique, deux à trois fois par semaine.

4. Stopper la vidéo pour répondre à la place de…

Séries TV, films, débats politiques, talk-shows… Visionnez des séquences en replay, podcast ou sur YouTube et mettez sur pause dès que le héros ou l’invité s’apprête à répliquer à une remarque acerbe ou décalée. Creusez-vous la tête : que diriez-vous, vous, dans une telle situation? Essayez l’humour, la causticité, l’indifférence, la formule type. Ecrivez-les avec vos mots. Puis réenclenchez la vidéo. Comparez vos phrases et celles énoncées par les protagonistes. Exemple, il, réfutant une pique de l’animateur : « Ce sont vos chiffres, ce ne sont pas les miens »… « Je ne me reconnais pas dans ce message ». Cela vous poussera à être créatif et à trouver vos propres coups et revers.

5. Pratiquer le questionnement avec des inconnus

Poser des questions est une excellente riposte : elle pousse l’autre dans ses retranchements. Alors, rodez-vous dans des situations sans enjeu. Face à un vendeur insistant dans un magasin, ou à commercial qui vous démarche au téléphone, contrez ses arguments : « Pourquoi cette proposition est-elle la meilleure offre? », « En quoi votre produit serait-il intéressant pour moi? », « Qu’est-ce qui vous fait dire ça? ». Vous en serez, ensuite, d’autant plus à l’aise face à un chef ou à un pair qui cherche à vous impressionner.

6. Relancer le ballon de « Coppola »

C’est une technique qu’utilisait Francis Ford Coppola avec ses comédiens avant de tourner une scène. Elle aide à mettre à distance ses émotions, à écouter, à comprendre, à transformer et à renvoyer. Le jeu se joue au moins à trois et peut s’effectuer dans le cercle amical ou familial. L’un tient un ballon imaginaire, petit ou gros, lourd ou léger et il le passe à un autre, en émettant un son -un claquement de langue pour une balle de tennis…- qui le reçoit avec le même son. A son tour il lance la balle, qu’il doit transformer (en boule de bowling, balle de ping-pong, etc.) et l’accompagnera d’un autre bruit, adapté au nouveau caractère de l’objet. Les joueurs peuvent accélérer ou ralentir la cadence. Au minimum, chacun effectuera cinq ou six passes.